L’intérim est la forme la plus ancienne et la plus connue de mise à disposition. Une entreprise trouve là une réponse à ses besoins ponctuels de main-d’œuvre, pour des missions qui n’ont pas vocation à pourvoir durablement un emploi lié à son activité normale et permanente. Deux critères caractérisent l’intérim. D’une part, la nature très temporaire du recours, qui doit correspondre à des cas fixés par la loi (remplacement d’un salarié absent, surcroît d’activité ou tâche occasionnelle). D’autre part, l’existence d’un tiers dont l’activité — à but lucratif et exclusif — est d’embaucher des travailleurs pour les mettre à disposition d’utilisateurs qui peuvent ainsi puiser dans un marché du travail externe. Très sollicitées, les entreprises de travail temporaire emploient au troisième trimestre 2017 près de 700 00 salariés en équivalent temps plein (ETP), soit 2,9 % de l’ensemble des salariés. Les missions d’intérim sont de courte durée — moins de deux semaines en moyenne tous secteurs confondus — avec un risque important de chômage récurrent entre deux missions. La discontinuité et la brièveté des contrats ne permettent pas aux salariés intérimaires d’exercer certains droits comme la formation ni d’acquérir les droits subordonnés à l’ancienneté. Par des accords conclus dès les années 1980, la négociation de branche a toutefois prévu la possibilité de cumuler des périodes d’ancienneté acquises par les salariés au fil de plusieurs missions : un nombre d’heures de travail accomplies sur une période de réfé- rence dans une ou plusieurs entreprises de travail temporaire ouvre des droits de tirage en matière de prévoyance, d’accès au logement ou de formation. Dans cette même intention de sécuriser les parcours professionnels, les négociateurs de branche ont instauré en 2014 un contrat à durée indéterminée intérimaire, où se succèdent les périodes de « missions » et d’« intermissions » rémunérées.