Les services publics, la fonction publique et le secteur public ont été fortement développés à la Libération, et renforcés au début des années 1980 (nationalisations, statut des fonctionnaires...). Depuis, les attaques contre ces secteurs se sont multipliées : « ouverture du capital », organisation des entreprises publiques calquée sur le modèle privé, voire privatisations des entreprises publiques, remise en cause des fonctions sociales et économiques de l’État, affaiblissement des statuts particuliers des entreprises publiques et du statut général des fonctionnaires, fermeture de nombreux services publics « de proximité ». Ces logiques trouvent leur concrétisation dans la révision générale des politiques publiques et se poursuivent depuis 2012 avec la politique dite de « modernisation de l’action publique », le programme Action Publique 2022 et la réforme territoriale, qui portent à la fois sur l’organisation des services de l’État et des collectivités locales. Les premiers effets de cette politique sont la concentration accrue des compétences et des moyens au niveau régional et la restriction de l’intervention publique en territoire au niveau communal et départemental, au détriment des principes d’égalité, de proximité du service public et de la démocratie politique et sociale. La concentration des pouvoirs aux mains des préfets de région porte atteinte aux principes d’égalité d’accès et de traitement en leur donnant la liberté d’organiser à la carte, et comme ils l’entendent, certains services régionaux de l’État. Ces réformes visent à adapter notre pays à la compétition économique libérale mondiale et européenne et à la réduction des dépenses publiques sous la pression des règles et diktats européens. Cette politique de restructuration publique est largement aggravée par le contexte d’austérité budgétaire et de chasse aux dépenses publiques, dont le Pacte de responsabilité issu du Traité européen de stabilité, de coordination et de gouvernance, place les collectivités locales en situation d’impasse financière et budgétaire.