J'ai toujours été frappé que notre pays ait pu mettre en place un tel imbroglio de taxes et de subventions, d'une telle complexité que même une chatte n'y retrouverait pas ses petits. Mais il y a quelques jours, une personne m'a aidé à y voir plus clair. C'était lors d'un séminaire à Lisbonne. Un intervenant a présenté le modèle que suivent à leur insu tous les pays en matière de répartition de richesse. Son intervention était particulièrement édifiante. Il a commencé par démontrer que dans les sociétés très pauvres, l’inégalité était assez faible. Ce qui est logique, puisque tout le monde se trouve dans la même situation précaire : les différences de revenus sont donc relativement restreintes. A contrario, dès que la société s’enrichit, l’inégalité commence à randir. C'est que dans le cas d'une phase de croissance massive, tout le monde ne progresse pas aussi rapidement. Au cours de cette phase cruciale, la clé du succès est l’accès à des moyens financiers. Comme au départ, ces facteurs divergent selon les individus, la richesse au sein de la société sera elle aussi attribuée de manière très inégale. Pour faire simple, l’ensemble de la prospérité se développera extrêmement vite mais tout le monde n’en profitera pas au même titre. Le Mexique est dans une situation de ce type depuis plusieurs années. Cependant, à partir d’un certain niveau de revenus, on observe un important changement dans la redistribution. Le citoyen utilise alors son vote pour faire comprendre l'importance qu'il attache à la redistribution, ce qui conduit à terme à en faire une priorité pour le gouvernement. C'est dans cette situation que se trouvent aujourd'hui les pays occidentaux dans leur ensemble : l'inégalité y est très faible (au regard d'autres pays en voie de développement). Ce séminaire à Lisbonne m'a captivé, car il m'a permis de mieux cerner le comment et le pourquoi de la situation actuelle de la France. Notre pays est dans le palmarès des pays où l’inégalité a reflué le plus au cours de ces dernières années. Malheureusement, on ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beure : cette attention croissante mise sur la redistribution s'est faite au détriment de l’attention donnée à la prospérité en général, et nous en payons aujourd'hui le prix fort. Plus d'information sur l'organisation de séminaire à Lisbonne en allant sur le site internet de l'organisateur.